Arik EINSTEIN & Uri ZOHAR

ARIK

Arik Einstein est un chanteur et acteur israélien né le 3 janvier 1939 à Tel Aviv.

Dans sa jeunesse, il fut champion d’Israël de saut en hauteur. Sur le conseil de son père, il postule pour la troupe d’artiste de Tsahal, et rejoint la brigade des Nahal.

En 1959, après son service militaire, Arik Einstein rejoint l’orchestre The Green Onion et la troupe de théâtre Sambation. En 1960, il sort un premier album solo.

En 1964, il joue dans la comédie Sallah Shabbati avec l’acteur Chaim Topol, issu lui aussi du Green Onion.

En 1966, il sort son second album Shar Bishvilekh, et rejoint le groupe The High Windows. Son 3e album, Mazal Gdi,  sort deux ans plus tard.

Arik Einstein était innovant quant à sa musique et son adoption des nouvelles technologies. Il a été le premier à adapter la musique rock aux chansons israéliennes à la fin des années soixante. Il a également produit le premier vidéoclip israélien et le premier album CD israélien. L’influence d’Einstein est si profonde que sin on retrace quasiment toute chanson pop israélienne, on découvre un projet auquel il a participé. Il a réussi à donner une saveur israélienne très forte à des chansons de styles rock et pop.

Arik Einstein s’est également produit dans une série télévisée dans les années 70, intitulée Lool (Chiken Coop), dans un genre assez proche des Monty Python Flying Circus.

 

URIUri Zohar, figure majeur du cinéma israélien des années 1960-70, cinéaste et acteur charismatique, icône de la bohème de Tel Aviv et de la culture israélienne laïque, est né à Tel Aviv en 1935.

C’est lors de son passage dans la toute jeune armée israélienne à partir de 1953 qu’Uri Zohar aborde le monde du spectacle. Membre du prestigieux orchestre de l’armée, il s’impose comme un comédien doté d’une énergie et d’une nature comique rares. Il fait ensuite ses premiers pas sur la scène de différents cafés-théâtres de Tel Aviv, d’abord dans la troupe qu’il fonde (L’Ognon vert) puis en solo, acquérant une indéniable popularité. En 1960, il entreprend des études de philosophie tout en publiant plusieurs articles sur le cinéma (notamment sur Hiroshima, mon amour) dans la revue Keshet, réputée pour son soutien à la nouvelle scène culturelle israélienne et aux écrivains regroupés sous le nom de “Nouvelle sensibilité”.

Il ne faut qu’un seul film, Un trou dans la lune (1964), pour qu’Uri Zohar s’impose comme le représentant majeur de la génération qui va révolutionner le cinéma israélien en lui ouvrant d’autres horizons que les films nationalistes et exaltant le sionisme qui faisaient son quotidien jusqu’alors, films et idéologie dont les tenants de la Nouvelle sensibilité – et Zohar au premier chef – vont prendre le contrepied. C’est pourtant dans certains de ces films que Zohar fait ses premières armes dès 1960, comme acteur, tenant de petits rôles dans plusieurs d’entre eux, ainsi que dans la fresque Exodus d’Otto Preminger. Il se lance en parallèle dans la mise en scène via des courts métrages institutionnels puis collabore à la réalisation de Pile ou face (1962), film de montage d’images d’actualité tournées sur plusieurs décennies par un pionnier, Nathan Axelrod. Sa touche personnelle se trouve dans les commentaires décalés et ironiques qu’il distille en voix off sur ces documents aux forts accents patriotiques. Dans le contexte très corseté du cinéma israélien, Un trou dans la lune apparaît comme une brillante remise en cause de ces dogmes. Très influencé par la Nouvelle vague française, le cinéma moderne européen et le cinéma indépendant américain d’Adolfas Mekas, Zohar – qui y tient également un rôle principal – s’y livre à la mise ne abîme caustique du tournage d’un film sioniste. Sélectionné à la Semaine de la critique à Cannes, Un trou dans la lune devient le signal de l’émergence d’un cinéma d’auteur en Israël, et Zohar le porte-drapeau de celui-ci. Le pic de sa carrière international est atteint avec son film suivant, Trois jours et un enfant (1966), qu’il adapte d’une nouvelle du grand romancier israélien Avraham B. Yehoshua, et qui vaut un prix d’interprétation à Cannes à son acteur principal, Oded Kotler. Au fil des huit films qui suivent ce récit intimiste à la mise en scène quasi abstraite, il va alterner films exigeants et plus grand public, notamment Chaque bâtard est un roi (1968), grosse production plus académique retraçant plusieurs épisodes liées à la guerre des Six jours. Il aborde ensuite le cinéma-vérité avec Escargot (1969), dont les héros sont des personnalités du milieu culturel israélien, avant de constituer avec Les Voyeurs (1972), Les Yeux plus gros que le ventre (1974) et Sauvez le maître nageur (1977) une trilogie quasi autobiographique, où des quadragénaires (incarnés par le réalisateur lui-même) ont bien du mal à assumer leur rôle d’adultes. Visions désenchantées d’une société israélienne bien en peine à dépasser ses repères fondateurs, ces films regroupés sous le vocable “trilogie de la plage” sont des comédies amères qui n’en finissent pas de rencontrer un fort écho parmi les spectateurs.

Uri Zohar abandonne ensuite le monde laïc ainsi que le cinéma pour se consacrer à ses études religieuses. Il signe pourtant Poulailler en 1988, adaptation pour le grand écran d’une série télévisée à grand succès qu’il avait réalisée entre 1969 et 1972. Il fut le premier homme du cinéma à recevoir en 1976 le prestigieux Israel Prize, couronnant l’ensemble de sa carrière. Prix qu’il s’empressa de refuser.

A partir de la fin des années 70, il abandonne le cinéma pour se consacrer à la religion, devenant un très médiatique et très influent rabbin orthodoxe. Il renouera brièvement avec son ancien métier en réalisant les clips de campagne du parti ultra religieux Shass lors des élections de 1992, ainsi qu’une vidéo prenant la défense du leader de ce parti en 1999. Durant cette période, il a également produit et animé des émissions prosélytes pour la radio. Il a raconté son parcours vers la religion dans un livre : Waking Up Jewish (1983).