Cang XIN

CANG XINCang Xin a étudié au conservatoire de musique et s’est beaucoup intéressé à l’art sans pourtant jamais recevoir de formation académique. Selon lui, l’art représente bien plus qu’une simple technique : il s’agit d’un mode de vie que l’artiste trouve dans sa propre introspection. Selon la tradition de son pays natal, la Mongolie, Cang puise son énergie au sein d’une nature animiste, presque magique, tel un chamane des temps modernes.
Comme beaucoup d’artistes du East Village de Pékin, il a pris part à la célèbre performance collective To add one Meter to a Nameless Mountain (1995).
Cang Xin a d’abord attiré l’attention du public avec la série Communications (1996-2006), une série de plusieurs performances rituelles dans lesquelles il lèche ou goûte toutes sortes d’objets : cafards, pavés, billets de banque, portraits – dont celui de Jean-Paul Sartre. La langue étant l’une des parties les plus intimes et sensibles de l’être humain, Cang Xin fait littéralement corps avec le monde. Sa performance symbolise une communion quasi-religieuse entre le lieu, la personne et l’objet. Dans une autre série, Identity Exchange (2000-2006), il échange ses vêtements avec ceux d’étrangers. Une des thématiques chères à Cang Xin réside dans le concept chamanique qui considèref que toutes les formes de vie sont liées entre elles par le cycle de la réincarnation éternelle des âmes. Idée que l’on retrouve dans les séries de photographies Shamanism Series: Variation (2006) et Exotic Flowers and Herbs (2007-2008).
Véritable adepte de l’animisme, Cang Xin détient la conviction profonde que toute chose – animée ou inanimée – est dotée d’un esprit et peut acquérir la capacité de se renouveler infiniment sous les formes les plus diverses. Étant l’un des artistes performeurs chinois les plus célèbres, Cang aborde son travail comme un moyen de promouvoir une communication harmonieuse entre les hommes et la nature. Dans ses performances Harmony Between Men and Nature (2003-2007), il se met en scène en train de prendre un bain avec des lézards ou de se prosterner au sommet des glaciers. Tous ces actes représentent un rituel de transfert d’identité où chacun des protagonistes devient autre.
Né à Suihua en 1967, Cang Xin vit et travaille à Pékin Depuis 1995, ses oeuvres ont trouvé leur place au sein des plus grandes expositions internationales sur l’art contemporain chinois. Collectionnées par Charles Saatchi à Londres, par le musée Whiterabbit de Melbourne ou encore par la collection Estella à New York, ses photographies sont devenues emblématiques.