Chen JIAGANG

CHEN JIAGANG

CHEN JIAGANG

Au cours des années 60, lorsque les relations sino-russe se dégradèrent, Mao décida de déplacer la plupart des énormes complexes industriels et militaires originellement implantes sur les cotes et dans les provinces du Nord-Est vers les zones plus enclavées et montagneuses du Sichuan, afin de les rendre inaccessibles a l’éventuel agresseur. Des millions de travailleurs suivirent ces usines, les villes dortoirs surgissaient en une nuit et ce fut l’un des plus grand déplacement de population du 20ème siècle. En quelques années ce qu’on appela alors “ La Troisième Ligne “ devint le fleuron de l’industrie de la République Populaire et le symbole de l’unité nationale.
A peine une décennie plus tard, Lorsque Deng Xiaoping décida de l’entrée de la Chine dans l’économie de marche, ces usines perdirent peu a peu de leur productivité et furent progressivement fermées et abandonnées…
Chen Jiagang, ancien architecte, directeur de musée et originaire de la “Troisième Ligne” en a naturellement fait le sujet de son premier grand travail photographique. Il met au service de sa photographie une connaissance innée de l’espace et des formes, capturant avec une parfaite maîtrise le gigantisme de ces paysages industriels désertes. Présentées dans des formats monumentaux qu’il obtient en utilisant les plus grandes chambres photographiques au monde, ses somptueuses images nous livrent, non sans nostalgie, l’histoire d’un des plus importants gâchis du siècle dernier, celle de ces villes qui furent un temps l’incarnation de l’idéal socialiste, la gloire d’une nation et qui ne sont plus aujourd’hui que de vastes cimetières industriels sans fin. Dans un pays qui connait l’un des taux de croissance les plus élevés au monde, le travail de Chen Jiagang souligne l’absurdité de cette folle course au développement que le genre humain poursuit depuis des décennies.