ABBOTABAD – L’ART A L’ENDROIT – MP13

  • Start date:
    January 12, 2013, 12:00 pm
  • End date:
    February 17, 2013, 6:00 pm
  • Venue:
    Hôtel de Gallifet
  • Place:
    52, rue cardinale, 13100 Aix-en-Provence

ABBOTTABADDans le cadre du Parcours d’Art Contemporain de Marseille Provence 2013, la cour de l’Hôtel de Gallifet accueillera Abbottabad de l’artiste Huang Yong Ping. Cette œuvre est la continuation de Colosseum et de Pentagone (2007), qui reproduisaient en terre cuite ces célèbres bâtiments progressivement envahis de végétation. De l’herbe et d’autres plantes sont plantées à l’intérieur de la structure. Selon les mots de Ping : « la nature n’a pas l’intention de s’engager dans l’histoire des hommes. L’herbe fait son chemin, elle pousse où elle peut. Peut-être va-t-elle gagner, prendre le dessus sur tout ». Avec cette série Ping met en lumière l’aspect dérisoire de la grande histoire et du flux incessant de l’information ici réduits à un grand pot de fleur. Il introduit aussi la puissance de la nature et du hasard sur la civilisation et la planification.

 

 

 

Huang Yong PING

Huang YONG PINGNé en 1954 à Xiamen dans la province du Fujian, Huang Yong Ping est un artiste contemporain d’origine Chinoise naturalisé français. Figure majeure de l’art d’avant-garde chinois des années 1980, il voit nombre de ses œuvres interdites par le gouvernement. En 1989, il profite de l’invitation qui lui est faite par le commissaire Jean Hubert Martin à participer à l’exposition Les magiciens de la terre au Centre Pompidou pour quitter son pays et s’installer en France où il réside toujours. À travers le mouvement Xiamen Dada qu’il fonde et dont le mot d’ordre est « Le zen est Dada, Dada est le zen », il manifeste très tôt son goût du paradoxe et de la déconstruction, produite par l’assemblage de significations hétérogènes. Ses œuvres monumentales s’attachent ainsi le plus souvent à réinterpréter librement les philosophies et mythes occidentaux dans le but d’en révéler les non-dits, en mettant à jour leurs cotés obscurs. L’installation géante Arche réalisée en 2012 pour l’Hospice Comtesse dans le cadre de l’événement Lille 3000 est emblématique de cette démarche de déconstruction du patrimoine mythologique de l’humanité. Dans cette œuvre, qui prend la forme d’un navire gigantesque en référence au mythe de l’Arche de Noé, on ne trouve en effet aucun être humain mais uniquement des animaux soit vivants, soit morts, soit malades. Prenant à contre-pied l’idée d’une Arche entièrement « vertueuse », Huang Yong Ping rappelle que si celle-ci a effectivement transporté la vie, elle a dû tout aussi bien prendre à son bord violence, maladie et mort. L’une en effet ne peut pas se concevoir sans les autres. Même sous la forme d’un mythe.