French Kiss

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A l’ère de la mondialisation, l’influence du fait migratoire sur notre société apparaît plus importante que jamais. Parce qu’il s’agit avant tout d’une rencontre, il donne lieu aux incompréhensions, aux tensions, aux rejets, voire à l’instrumentalisation de ces sentiments. Pourtant, l’immigration et le multiculturalisme ne sont pas nouveaux, particulièrement en France. Au fil des âges, ils ont permis l’enrichissement mutuel des cultures. Ils continuent aujourd’hui de donner lieu à l’émergence progressive mais certaine d’une culture collective, sans cesse réinventée par ses membres, et de proposer de nouvelles approches, innovantes et constructives dans la façon dont nos sociétés font face aux défis de notre temps.

French Kiss a donc pour ambition d’explorer ce multiculturalisme français du « vivre ensemble » et d’en souligner la formidable force créatrice.

Jacques Bosser

Longtemps Bosser a travaillé la juxtaposition d’imprimé africain avec des protagonistes venant de territoires divers et variés. Ici, le photographe est revenu en France pour faire dialoguer avec beauté, élégance et sensualité, des tissus traditionnels hexagonaux portés par de jeunes françaises aux origines multiples.

Diadji Diop

Le travail de Diadji Diop est traversé par les questions d’identité, d’exil et de violence. Privilégiant les formes réalistes, il questionne les rapports humains, en révélant les intériorités douloureuses avec humour, force et parfois dérision. Nager dans le bonheur est un appel au dialogue, au partage, par-delà la couleur de la peau, les frontières ou les commerces de la Haine.

Chez Diop, le rouge n’est pas une tache de sang mais la couleur qui, au-delà d’une pigmentation individuelle, nous est commune.

Arik Einstein & Uri Zohar

Une côte israélienne où amarrent deux migrants sous le regard perplexe de ceux qui les ont précédé. Dès la première minute de leur court-métrage, Arik Einstein et Uri Zohar montrent Israël comme une terre d’accueil où les populations se succèdent mais ne se ressemblent pas.

Ils interrogent ici la division interne et inhérente au brassage culturel résultant des vagues migratoires d’origine géographique diverse. L’opposition entre vagues d’immigration fragilise le vivre ensemble des populations vivant sur ce territoire.

Le projet est de mettre en évidence un renforcement de cette division, illustrant ainsi une xénophobie exacerbé chez les derniers arrivés, dont l’enracinement récent serait à l’origine de réactions protectionnistes.

Serge Hélénon

Dans ses oeuvres, il rend un hommage puissant aux sources vives de la création africaine par des assemblages qui, dit-il, «parlent de force et de magie», dans un langage spécifique où les matériaux de rebut se mêle à ceux de l’apparat.

A partir de matériaux de récupération apparemment hétéroclites et improbables, Serge Hélénon s’attache à produire de l’harmonie, de l’émotion. D’abord en les associant, en les combinant, ensuite en les peignant. Dans sa réflexion, les matériaux sont à l’image des hommes  : le mélange des populations délivre un produit harmonieux d’une richesse incommensurable.

La leçon d’histoire illustre les atermoiement d’un colonialisme à la française qui, portée par l’élan du siècle des lumières, cherchait à offrir une nouvelle identité à des populations riches de leur propre histoire.

Mothi Limbu

Les portraits de ses grands-parents népali-birman et franco-polonais-espagnol apparaissent au coeur des tissus de Mothi, témoignage de la beauté et de la force du multiculturalisme.

MUGA

“Des états d’âmes, des jeux de séductions, des masques, des déceptions, des corps, des coups de foudres, de la musique, de la transparence, l’amour sans frontière, …

Et si cela ne suffisait pas, une machine proposant un baiser. Comme si l’amour se play slots online monnayait.”

« Tentez votre chance au risque que l’on vous pose un lapin »!.

Pietro Ruffo

Le vole des libellules de Pietro Ruffo fait écho à la xénophobie anti-italienne à Marseille du 19e siècle, dont ont été victimes les premiers migrants du Piémont. Elle incarne le racisme d’hier comme d’aujourd’hui nourri par les difficultés économiques qui, avant-hier, poussaient les italiens et, hier, les nord africains à quitter leur pays d’origine.

La haine de l’Italien paraît tout aussi inimaginable aujourd’hui que ne le paraîtra demain celle vis-à-vis de population migrante plus récente. Ce que nous apprend l’histoire c’est que l’intégration économique est tout aussi importante que l’intégration culturelle afin de dépasser les craintes entre les anciens et les nouveaux venus.

Adrien Di Sarro

Dans ses représentations d’un urbanisme dont la densité est poussée à l’extrême, Adrien di Sarro  nous renvoie au schéma urbain du 21e siècle, où plus de la moitié de la population mondiale cohabite dans des villes surpeuplées.

Si les structures sociales sont parfois un peu lentes à traduire ce phénomène d’hyperconcentration, l’urbanisme illustre déjà le vivre-ensemble au travers d’une construction citadine dense et architecturalement voire culturellement hybride.

Jihye Suh

« sans titre » 2013 contreplaqué, terre cuite, eau, exciters, source audio.

Une grande plaque de bois, découpée en plusieurs angles contenant de l’eau sur une surface peu profonde. Une dizaine de petits volumes en terre cuite y sont disposés. Deux enceintes invisibles diffusent le son très bas, à la limite de l’audible. On peut en faire l’expérience perceptible. Sous les effets des vibrations sonores, ces formes semblent mouvantes. Le son révèle sa présence par la plaque liée avec une source sonore, les volumes, l’eau, les vibrations et leurs dessins. Les éléments ne sont jamais indépendants ou autonomes, mais sont tous en corrélation et construisent une totalité.

“Dans mon travail, je voulais fabriquer une installation à l’image d’une structure organique, composée de choses qui semblent indépendantes et n’ont pas de rapports entre elles, alors qu’elles sont dans un lien mutuel et unies par une chaîne d’effets et réactions continuelles.

L’idée n’est pas de susciter une agitation visuelle mais de provoquer et d’introduire des changements ondulatoires.

Parfois, il est difficile de comprendre que l’on se laisse influencer par les autres. Il est également difficile de savoir que l’on influence aussi les autres. Ces mouvements, ces changements sont très infimes. Nous sommes entourés par des réseaux complexes qui se transforment constamment. Toutes les choses s’articulent les unes avec les autres dans un flux constant de possible et de potentialité.”
Jihye

Philippe Terrier-Herman

Story-board de 3 films imaginaires qui se déroulent du Havre à Marseille, la trilogie française invite à l’interprétation, au jeu et à l’exploration des territoires. Son histoire n’est pas imposée, elle reste à écrire… À travers la fiction, chacun peut ainsi poser un nouveau regard sur sa région et peut-être se remémorer ou visualiser l’intemporelle mixité française qui a traversé ces paysages, dans lesquels apparaissent des personnages de tout horizon.

La trilogie française fait suite à sa version américaine, The American Tetralogy, qui met en exergue la réussite du rêve américain qui passe notamment par un vivre ensemble que nous sommes presque étonnés de retrouver de manière si criante et belle dans son périple hexagonale.

Cliquez sur une oeuvre pour accéder à la page de l’artiste :

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