Jacques BOSSER

Jacques bosserJacques Bosser est né au Havre en 1946. Depuis 1986, ce peintre, sculpteur et photographe vit et a fixé son atelier à Montrouge.

En 1988 il travail et expose à Los Angeles. En 1992 et 1994, lors de ses séjours en Inde, il prend des photographies autour des temples des pèlerins aux abords des fleuves qu’il utilisera ensuite pour associer a des peintures. C’est le début d’une réflexion sur l’usage de la photographie dans son oeuvre. Dès 1995, il perfectionne sa maitrise de la photographie et ne la traite plus comme ayant une fonction de double. Dorénavant, travaillant en studio, la photo est composée comme une peinture, travaillée en plans et couleurs.

Un long périple en Afrique en 1996 lui fait retrouver les sensations de son enfance, ayant vécu en Afrique équatoriale de l’âge de 3 à 12 ans. Puis, c’est le Japon en 1997, la Corée et Taiwan récemment. Les images deviennent de pures oeuvres plastiques, non recadrées, non retouchées que l’on désigne sous l’appellation de “photographie plasticienne”. Cela est démontré en 2006 par le BTK project (Bosser, Tilley, Kabuki), un ensemble de photographie (format 80 x 80 à 120 x 180) mettant en scène Tilley, modèle du peintre Lucian Freud, maquillée, coiffée et habillée de Kimono aux riches motifs, en cadrage serré.

Dans le travail photographique de 2007 “Wax Spirit” un ensemble de portraits qui mettent en scène la communication dans les anciennes colonies depuis l’indépendance des années 1960 d’hommes politiques ou religieux à travers des tissus portés par les femmes appelé Wax. Jacques Bosser met en scène ce tissu, habillant une femme noire ou blanche servant d’arrière-plan à la photographie, tout en faisant références à la grande peinture de portrait du Titien à Gauguin.

Jacques Bosser a gardé de son enfance africaine et de ses voyages, une fascination pour le magique et les signes, qui lui ont permis de se constituer un langage pictural original.

Refusant de choisir entre représentation et abstraction, Bosser confronte volontiers les images au sein d’une même oeuvre : peinture et photographie de corps féminins, incitant le spectateur à une lecture plus attentive de l’oeuvre.

Dans sa dernière série HEOL des femmes asiatique, métisse, noire, une femme blonde, teint pale (symbole de nos sociétés multi ethniques et métissées) elles sont habillées pour certaines de Kimonos japonais, de tissu polynésien et toutes coiffées de superbes bonnets colorés brodés du pays bigouden. Derrière les modèles, en fond, les bannières de procession avec leur motifs et scènes religieuses aux interprétations naïves et colorées. Les poses sont en références à certaines peintures de Gauguin et d’autre de l’école de PontAven, évoquant aussi les « Pen Sardines ».  Les peintures obéissent à des rituels bien établis : sur des supports en bois, Jacques Bosser, applique à mains nues, couche après couche, des pigments purs, renouant ainsi avec des pratiques archaïques. Puis commence le travail de grattage, ponçage, brossage… Le support s’imprègne lentement de la matière colorée. De là émerge une peinture forte, vibrante, empreinte d’universalité.