Jannis KOUNELLIS

JANNIS KOUNELLISÀ vingt ans, Kounellis quitte la Grèce et il va à Rome pour étudier à l’Académie des Beaux Arts sous la direction de Toti Scialoja auquel il doit l’influence de l’expressionnisme abstrait et de l’art informel, binôme fondamental qui constitue le départ de son parcours créatif.

En 1960, il fait ses débuts en préparant, à Rome, sa première exposition personnelle à la galerie La Tartaruga.

Par rapport à ses maîtres, Kounéllis montre vite une très forte urgence de communication avec le but de refuser les projections individualiste, esthétisante et décadente et d’exalter la valeur publique, collective du langage artistique. Dans ses premières œuvres, en effet, il peint des signes typographiques sur fond clair qui font allusion à l’invention d’un nouvel ordre par un langage fragmenté, pulvérisé.

Les premières expositions voisines idéologiquement de l’arte povera remontent à 1967. Il emploie dans celles-ci des produits et matériaux communs suggérant pour l’art une fonction radicalement créatrice, mythique, sans concessions aux représentations pures. Il fait de façon évidente, référence à ses origines grecques. Ses installations deviennent de véritables scénographies qui occupent complètement la galerie et entourent le spectateur en le rendant acteur, protagoniste dans un espace qu’il va même jusqu’à remplir d’animaux vivants, contrepoint aux géométries construites avec des matériaux qui évoquent la production industrielle. Dans la Margherita di fuoco apparaît même le feu, élément mythique et symbolique par excellence, engendré cependant par un chalumeau.

En 1969 l’installation devient une véritable performance avec les Chevaux attachés aux murs de la galerie L’Attico de Fabio Sargentini, dans un magnifique heurt idéal entre nature et culture dans lequel le rôle de l’artiste est réduit au minimum d’une opération substantiellement manuelle, presque d’homme fatigué.

Avec le passage aux années 1970 l’enthousiasme volontaire de Kounéllis se charge d’une lourdeur différente, proportionnelle au désenchantement et à la frustration face à la faillite des potentialités innovatrices de l’Arte Povera, sortie malgré lui des dynamiques commerciales de la société de consommation, des espaces traditionnels d’exposition comme les musées et les galeries. Une telle idée est exprimée avec la célèbre porte fermée avec des pierres présentée pour la première fois à San Benedetto del Tronto et au cours des ans, avec des variations structurelles significatives denses de significations poétique, à RomeMönchengladbachBaden-BadenLondresCologne.

En 1971 à l’invitation d’Achille Bonito Oliva, il participe à la Biennale de Paris.

En 1972, Kounéllis participe pour la première fois à la Biennale de Venise.

Les années d’amertume se poursuivent avec des installations dans lesquelles à la vitalité du feu succède l’obscure présence de la suie pendant que les animaux vivants cèdent le pas à des animaux empaillés. Le sommet de ce processus est peut-être le grandiose travail présenté aux Espai Poublenou de Barcelone en 1989, caractérisé par des quarts de bœuf fraîchement abattus, fixés au moyen de crochets à des plaques métalliques et éclairés de lampes à huile. Plus récemment, l’œuvre de Kounellis s’est fait virtuose et maniériste et a repris des thèmes et des suggestions qui l’avaient caractérisée auparavant avec un esprit plus méditatif, capable d’interpréter avec une conscience nouvelle la primitive propension à l’emphase monumentale. Des exemples de cette nouvelle direction de recherche sont l’installation de 1995piazza Plebiscito, à Naples, et dans les expositions au Mexique (1999), en Argentine (2000) et Uruguay (2001). En 2002, l’artiste propose, à nouveau, l’installation des chevaux à Whitechapel à Londres et, peu après, à la Galerie Nationale d’Art Moderne de Rome, il construit un énorme labyrinthe de longues tôles où reposent, comme autant de points d’accroche, les éléments traditionnels de son art, comme le charbon, le coton, les sacs de jute et les amas de pierres (Acte unique).

Depuis 1988, les œuvres de Yánnis Kounéllis sont présentées à la Galerie Lelong à Paris.