Marcello GEPPETTI

Marcello Geppetti

C’est incontestablement le plus grand paparazzi, celui a qui l’ont doit la terminologie même du métier de paparazzo. Son personnage fut si emblématique qu’il fut porté à l’écran… Rome. 1960. La Dolce Vita du maestro Fellini. Marcello Mastroianni incarne Marcello, journaliste qui passe sa vie (et ses nuits) à traquer celle des célébrités, à l’affût surtout d’éventuels comportements incongrus et d’excès en tous genre…

Ce sont plus de 50 de ces clichés fondateurs et désormais historiques que la Galerie Mazet vous propose. Des photos provenant des archives personnelles de l’artiste et qui vous plongent  dans l’intimité des icônes de l’époque, stars mythiques et inaccessibles, telles que BB et Claudia Cardinale.

Mais qui est Marcello Geppetti ? né en 1933 à Rieti, son talent précoce attire rapidement l’attention des journaux et agences de presse auxquels il présente ses travaux. Son approche personnelle et sophistiquée des événements lui vaut rapidement la reconnaissance de ses pairs, qui apprécient autant la qualité de ses photos que son talent de chroniqueur. Très vite, Geppetti va se focaliser sur la sphère privée de ses sujets. Il va exceller à capter de façon particulièrement dynamique des tranches de vie privée de personnalités en tous genres : acteurs, comédiens, sportifs et même hommes politiques…

Premiers succès : tout juste âgé de 25 ans, sa carrière s’accélère. Il intègre une des plus grandes agence, Giuliani e Rocca, puis collabore à la très prestigieuse agence Meldolesi-Canestrelli-Bozzer. C’est à cette époque que vont paraître les fameuses photos de femmes se jetant dans le vide lors de l’incendie de l’hôtel Ambasciatori, à Rome. L’histoire voudrait que Geppetti, arrivé par hasard sur les lieux du sinistre, ait dégainé son appareil afin d’immortaliser l’incendie, ignorant les défenestrations qui allaient rendre ses photos célèbres à travers le monde…

Geppetti l’ignore sans doute à l’époque, mais sa démarche va bouleverser les codes du métier. Ajoutez à cela la vague de  « glamour » qui  caractérise les années ’60, et vous assistez à la naissance de la photographie d’action, ancêtre du paparazzo d’aujourd’hui…

Si ces tirages consacrent le jeune reporter au rang des plus grands, ils lui vaudront  aussi des menaces d’excommunication de la part du clergé. C’est ce qui va pousser Geppetti à poursuivre son activité en free-lance, notamment pendant plus de dix ans avec le magazine « Momento Sera ».

La période de la très fameuse Dolce Vita sera la plus prolifique du photographe. Rome devient un plateau à ciel ouvert: les stars internationales circulent dans les rues. Véritable panacée pour le paparazzo. Le grand public découvrira son talent au travers du premier nu de Brigitte Bardot ou encore ce baiser de Liz Taylor et Richard Burton.

Les stars de l’époque avaient l’habitude de contrôler leur image grâce à des séances de pose en studio, où toute spontanéité était exclue. Lorsque Geppetti commence à les photographier par surprise, sur le vif, il donne à voir ces moments d’intimité volés auxquels personne n’avait accès jusque-là. Ainsi Geppetti devient très tôt le précurseur des paparazzi, mais aussi un des plus importants représentants de la photographie de mœurs, « changeant à jamais le monde du journalisme et la relation du public aux “riches et célèbres“. » Le photographe aura la chance de « shooter » toutes les plus grandes stars de l’époque, à l’exception de Marylin Monroe et d’Elvis Presley qui ne fouleront jamais le sol italien au cours de leur carrière.

Par leur valeur documentaire, ses œuvres apportent une légitimité aux photographes de célébrités qui voient leur travail reconnu : leurs photos prises à la dérobée ne sont pas que le miroir d’un monde frivole, mais constituent un témoignage du faste de cette période fondamentale de l’histoire italienne récente.

Le nom de Geppetti fera le tour du monde: ses images paraissent dans Time magazine, Life, Vogue, Donna Karan, et sont exposées dans les galeries d’art. Au cours des décennies suivantes, il poursuivra son activité et fixera les « années de plomb » sur la pellicule, livrant un témoignage poignant et emblématique de cette période difficile. D’autre part, il scellera sa carrière par quelques séjours prolongés sur les tournages de comédies italiennes dites « commediaccia all’italiana ».

Le travail de Geppetti a aussi été récemment montré à la Tate Modern de Londres dans le cadre de l’exposition Voyeurism Surveillance and the cameras. Cette exposition a mis en avant le caractère actuel d’un tel type de photographie. Dans la société d’aujourd’hui, où l’intimité de chacun est livrée à tous les regards par le biais des réseaux sociaux, des caméras de vidéo surveillance et autres, l’œuvre de Geppetti prend encore un sens nouveau.

Le 27 février 1998 son dernier « clic » retentit, laissant un héritage de plus d’un million de photos, inédites pour la plupart. Ces clichés, où se mêlent la touche de l’artiste et l’acuité du journaliste, résument avec originalité une très longue période de notre histoire.

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